La neige, la neige
C'est pas une raison pour se faire chier
Je suis une femme forte et indépendante.
Je suis une femme forte et indépendante.
Je suis une femme forte et indépendante.
Mais crisse, les tempêtes de neige, quand t’es obligée de déneiger toi-même ton stationnement deux places en banlieue, avec une souffleuse pu d’crinque, ça me donne soudainement envie d’être moins forte et indépendante.
On parle peut-être de seulement 10 cm de neige aujourd’hui, je ne pense pas que ça se qualifie au rang de “tempête” mais je déteste l’hiver avec passion, le moindre centimètre que je dois pelleter me fait profondément chier. Je suis une excellente candidate pour être une snowbird à ma retraite, mais en visant plus le Costa Rica que la Floride.
À la fin de 2010, j’étais chez le gars que je voyais dans Rosemont pendant une bordée de neige et ma petite-accent-rouge-deux-portes-pas-de-power-steering s’était retrouvée ensevelie sous un banc de neige sur Christophe-Colomb. Je lui avais demandé son aide pour que je puisse sortir ma voiture de son encastrage et du haut de ses 6 pieds 4 pouces, il m’avait répondu “non”. Juste “non”, il n’avait pas envie de m’aider. Je ne le savais pas encore mais ce gars-là était absolument violent et toxique et son “non” en était un bon indice, mais je n’ai jamais été bonne pour voir les indices avant qu’il ne soit trop tard. D’ailleurs, trop tard arrivera plus tôt que tard et je serai face à l’évidence un mois plus tard. Anyways, j’étais sortie de chez lui en crisse, la misérable pelle qui traînait sur son balcon en main. Après quelques coups de pelle et tout autant de sacres, un jeune opérateur de tracteur de déneigement de la ville de Montréal est venu à mon secours, en me remettant au passage, son numéro de téléphone sur un bout de papier. De retour dans l’appartement :
Lui : C’était donc ben pas long!
Moi : Non hein, c’est parce que j’ai eu de l’aide et un numéro de téléphone en prime! (En brandissant le bout de papier)
Oui, j’suis un peu baveuse quand le moment est opportun et je pense que je n’ai jamais autant fait preuve de sens du timing qu’à se moment-là. Évidemment, il n’était pas fâché, il était en TABARNAQUE. En tabarnaque et jaloux. Lui, qui était déjà rouge à cause de la rosacée sur ses joues, était devenu CRAMOISI. (Oui, j’ai choisi ce mot pour toutes les raisons que tu penses) J’ai donc sacré mon camp, pas pire fière de mon effet, en me sentant étrangement forte et indépendante.
Je n’ai jamais téléphoné, mais j’suis pas mal certaine que j’ai encore le bout de papier quelque part.
